Troy DavisTroy Davis a été exécuté hier soir, à Jackson, par injection létale. Après avoir passé 22 années dans le couloir de la mort, celui qui n’avait de cesse de  revendiquer son innocence a relancé la polémique autour de la peine de mort.

En 1991, Troy Davis est condamné à mort pour le meurtre d’un officier de police survenu deux ans plus tôt, sur la base de neuf témoignages. Si sa culpabilité a été autant remise en question par le public, c’est en partie parce que l’arme du crime n’a jamais été retrouvée, de même que les empreintes du jeune homme, âgé de seulement 23 ans à l’époque.

« Je ne suis pas responsable de ce qui s’est passé cette nuit-là. Je n’avais pas d’arme à feu » répétait-il.

Sur les neufs témoins qui ont conduit tout droit l’Américain dans le couloir de la mort, sept ont fini par se rétracter, avouant avoir cédé sous la pression policière. Son dossier se trouvant alors affaibli, le doute s’installe et Troy Davis parvient à échapper, à trois reprises,  à son exécution.

Durant ses dernières heures, son sort n’était toujours pas scellé. Initialement prévue à 19h (heure locale), l’injection mortelle a été retardée dans l’attente d’une ultime décision de la Cour suprême des États-Unis qui se soldera par une autorisation de mise à mort.

«Je voudrais m’adresser à la famille MacPhail. Je voudrais que vous sachiez que je ne suis pas celui qui a tué votre fils, votre père, votre frère. Je suis innocent. L’incident qui est arrivé cette nuit-là n’est pas ma faute. Je n’avais pas d’arme. Tout ce que je demande… c’est que vous regardiez plus profondément dans le dossier, pour que vous puissiez finalement voir la vérité. Je demande à ma famille et à mes amis de continuer ce combat. Pour ceux qui s’apprêtent à prendre ma vie, que Dieu ait pitié de vos âmes. Et que Dieu bénisse vos âmes».

Troy Davis a été déclaré mort à 23h08.

Cheeseburger et patates au four, ce fut le dernier repas de Troy Davis.

Soutenu par de nombreuses personnalités (Jimmy Carter, le pape Benoit XVI, etc.), Troy Davis continue à faire parler de lui. De lui et des erreurs de la justice américaine. Si le président Barack Obama n’a pas souhaité intervenir dans cette affaire, d’autres ont au contraire crié à l’injustice. Le New York Times a même parlé de « barbarie de la peine de mort ».

Les médias ont relayé l’évènement en raison d’une très forte mobilisation organisée par les proches de Troy Davis et soutenue par de nombreux abolitionnistes.