Avec Daniel Craig, Berenice Marlohe, Javier Bardem, Judi Dench, Ralph Fiennes, Naomie Harris, etc.
Sortie le 26 Octobre 2012.

Il porte avec classe et élégance le smoking, boit de la vodka martini mélangée au shaker, pas à la cuillère, conduit son Aston Martin dans les endroits les plus magiques du globe accompagné de femmes toujours somptueuses. Les femmes le désirent, les hommes l’envient, son nom est Bond… James Bond. Pour fêter ses 50 ans au cinéma, le plus célèbre des agents de sa majesté est de retour dans une 23ème aventure tant attendue par les fans. Après le laborieux «Quantum Of Solace», et quatre (trop longues) années d’absence, Daniel Craig endosse à nouveau le costard de 007. Pour la réalisation de cette nouvelle mission, les producteurs ont misé sur une pointure du cinéma indépendant en la personne de Sam Mendes, réalisateur oscarisé de l’excellent «American Beauty».

L’avis de Jérémie

 

Le meilleur film de la saga.

 

L’idée de génie des producteurs, c’est d’avoir eu l’audace de recruter un réalisateur tel que Sam Mendes, qui pourtant n’a aucune expérience en matière de «blockbuster». Pari gagné ! Il ne perd rien de sa patte et de son soin esthétique habituel, et parvient même à transcender le personnage de James Bond. Il fait de ce film d’action, à la mise en scène soignée, une œuvre intimiste avec des plans magnifiques, et une réelle vision artistique. Une ambition novatrice dans un film de la saga, qui n’était jusqu’ici pas reconnu pour la qualité de sa réalisation. Il réussit à allier avec talent : efficacité, rythme, et beauté, au service d’un divertissement à l’allure d’un film d’auteur (à l’instar de la trilogie «Batman» de Christopher Nolan). « Skyfall » s’ouvre avec une séquence impressionnante de maîtrise et d’action, qui est en passe de devenir une scène culte de la saga. S’en suit le générique envoûté par la voix d’Adèle, qui apporte du glamour et redonne au héros une dimension tragique. Une réussite artistique totale.

Son nom est Craig… Daniel Craig.

Daniel Craig s’impose définitivement dans le rôle de James Bond. Son personnage a pris une ampleur dramatique dans un scénario impeccable, qui n’est plus qu’un simple prétexte à un enchaînement de scènes d’actions. Sa relation avec sa chef est de plus en plus fouillée, et ajoute ce qui manquait à la saga : de la tendresse. Dans un James Bond, il faut aussi du charme, ce qu’apporte à merveille et élégance, la française Berenice Marlohe, une James Bond Girl mystérieuse, qui reste surtout très agréable à regarder (on ne serait plus dans un James Bond sinon !). Un bon James bond est aussi synonyme d’un bon «bad guy». Javier Bardem est un parfait méchant, plein de haine, machiavélique, et avec une bonne part de sadisme. On pourrait cependant lui reprocher de ne pas être plus creusé scénaristiquement parlant, mais son interprétation est sans faute.

james-bond-skyfall

Un retour au source.

Depuis 2002 et la voiture invisible dans «Meurs un autre jour», que certains spectateurs avaient trouvés «too much» (je dis bien certains, c’était plutôt sympa), les gadgets avaient totalement disparu. Les producteurs avaient pour objectif de rendre les films James Bond un peu plus sérieux. Grâce à son envie de faire un hommage à la saga, Sam Mendes les fait revenir, et donc par la même occasion le personnage de Q (celui qui les fabrique) qui a par ailleurs subi une cure de jouvence. Ici, les gadgets sont beaucoup plus soft que le stylo grenade ou le jet pack (juste son fameux walker ppk doté d’une reconnaissance palmaire), mais vraiment propre à l’univers de 007. Sam Mendes renoue donc avec le classicisme Bondien tout en lui apportant une dose de modernité, et en apportant la touche de fun qui manquait cruellement à la saga depuis un certains temps.

Ce dernier opus est donc un véritable hommage à la saga, agrémenté de quelques références. Une vraie réussite qui comblera les fans. Les autres y trouveront leur compte devant un film d’action réussi. Le gros défaut ? Celui de nous rendre encore plus impatient pour le prochain. Mais n’ayez crainte, comme le dit chaque générique de fin depuis 50 ans : « James Bond reviendra ». Et jusqu’ici, il n’a pas menti.

L’info en plus : au cours de ses 23 aventures, et de ses 50 ans de cinéma, James Bond a tué plus de 150 méchants, et a séduit plus de 40 femmes, dont les trois quart ont essayé de le tuer par la suite.

Jérémie Dimajo