Lancé en 2005, Megaupload.com permettait de mettre en ligne des fichiers et d’avoir librement accès à ceux des autres. Cet espace de téléchargement direct rassemblait donc, assez logiquement, plus de 45 millions de visiteurs uniques par jour (chiffres de 2011). Et si le canard de Quennie en parle au passé, c’est tout bonnement parce que le site vient de fermer.

Dans la nuit du 19 au 20 janvier, l’opération contre le piratage menée par les autorités américaines a conduit à la fermeture de 18 sites Internet dont Megaupload et Megavideo et à l’inculpation de sept personnes. Tous risquent jusqu’à 20 ans de prison pour racket, piratage, blanchiment d’argent et violation de droits d’auteurs. Plus précisément, la plateforme désormais qualifiée d’ « entreprise criminelle organisée internationale responsable du piratage en ligne massif d’une grande variété de contenus protégés » serait principalement accusée d’avoir généré des profits sur le dos des ayants-droits.

Megaupload

Qui est derrière Megaupload ?

Il s’appelle Kim Schmitz et il est considéré comme le plus grand hacker d’Allemagne : revente de numéros de cartes bancaires en 1998, fraude fiscale en 2001, entre autres. Bilan : prison avec sursis et quelques milliers d’euros d’amendes dont il s’acquitte aisément. Tout autant de magouilles qui lui permettent finalement de garder les poches bien pleines et de créer, de surcroît, le nouveau manitou du téléchargement online.

A noter : le fondateur de Megaupload n’est pas du genre à vouloir passer inaperçu. Et pour preuve, au début des années 2000, le flambeur publie sur son propre site, des photos de lui entouré de femmes, de jets privés et de sable fin. Sauf que voilà, ça n’est pas tout à fait vrai. Disons juste que Kim Schmitz payait notamment quelques mannequins pour poser avec lui.

A ne pas oublier : l’anniversaire de Kim Schmitz qui fêtera ses 38 ans, demain…

La réponse du directeur technique de Megaupload

Emmanuel Gadaix s’est exprimé : « Nous ne sommes pas un site pirate. Nous avons l’habitude d’être critiqué sur le volet ‘piratage’, mais elles sont infondées. Nous sommes un site d’hébergement de contenus qui respecte les différentes lois. Lois qui nous imposent de ne pas inspecter les contenus que les utilisateurs postent sur Megaupload. De toute façon nous n’en avons pas la possibilité technique… »

« Seuls quelques petits comptes d’utilisateurs profitent de notre infrastructure pour héberger des fichiers illégaux, mais ils ne représentent qu’une petite minorité. Aujourd’hui, que se passent-ils pour tous nos clients qui hébergent légalement et officiellement des documents sur notre plate-forme ? »

« Nous ferons tout pour ré-ouvrir le site et pour que nos utilisateurs puissent récupérer leurs fichiers. C’est notre priorité ! »

La réponse de Nicolas Sarkozy

Notre président français s’est également positionné : « La mise à disposition illégale, par ce service, d’œuvres protégées par le droit d’auteur, permettait à ses promoteurs de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires ou d’abonnements de ses usagers […] C’est le financement des industries culturelles dans leur ensemble qui est mis en cause par ce type d’opérateurs, [...] le moment est donc venu d’une collaboration judiciaire et policière active entre Etats pour porter un coup d’arrêt à leur développement. »

La réponse des anonymous

Les fervents défenseurs d’un web ouvert et sans contrôle n’ont pas tardé à réagir à la fermeture du site. C’est par le twitter des anonymous que l’on a appris la mise hors service des sites du FBI, du ministère de la Justice Américaine, de la maison de disque Universal Music, de la RIAA (Recording Industry Association of America, qui défend l’industrie du disque), de la MPAA (Motion Picture Association of America, qui défend l’industrie du cinéma), de Warner et d’Hadopi.

En quoi la fermeture de Megaupload est un coup d’épée dans l’eau ?

Au-delà de l’acte symbolique, la fermeture de Megaupload pose surtout la question de son intérêt dans la lutte contre le piratage. Parce que si la mythique plateforme n’est pour l’instant plus d’actualité, d’autres sites proposant exactement les mêmes services ne vont pas tarder à prendre la relève. Parmi eux : Mirorii, Rapidshare, Filesonic ou encore Fileserve.

A une époque où la circulation et le partage des informations devient de plus en plus libre et de plus en plus rapide, les nouvelles dispositions qu’envisagent les gouvernements sont-elles bien adaptées ?