Sortie le 30 janvier 2013

Un film de Steven Spielberg est toujours un évènement. Pour son 29ème long-métrage, le papa d’Indiana Jones et d’ET s’intéresse au 16ème président des États-Unis, Abraham Lincoln. Plus précisément à son combat pour faire passer le 13ème (et honorable) amendement : l’abolition de l’esclavage. Après l’indigeste et laborieux «Cheval De Guerre» sorti en 2012, Spielberg est de retour avec un film qu’il prépare depuis… 1999. L’attente est-t-elle méritée ? Réponse.

Un cours de politique beaucoup trop long.

2h30 d’histoire américaine d’une extrême maîtrise artistique, mais d’un ennui mortel. Spielberg ne parvient pas à capter l’attention du spectateur avec l’utilisation de ces magnifiques plans, dignes d’un tableau (merci le chef op), qui enlisent encore plus le film dans une structure molle et sans énergie. Sa mise en scène, par ailleurs toujours propre et soignée, est ici au service d’une œuvre consensuelle qui privilégie esthétique plutôt que cinématographie.

Malgré l’interprétation sans faille de Daniel Day-Lewis en mode «je veux un 3ème Oscar», Lincoln paraît être un personnage fade, sans odeur et sans saveur. La complexité du président est inexistante et laisse place au portrait basique d’un homme bon au service du peuple. Il est trop lisse pour qu’on s’intéresse vraiment à lui, et malgré la performance hors-norme du comédien, on ne s’attache pas et on n’en sait pas plus sur ce personnage emblématique de l’histoire américaine. Les acteurs, tous aussi exceptionnels les uns que les autres, paraissent étriqués dans cette œuvre qui a plus sa place dans un musée d’art que dans une salle de cinéma.

Spielberg nous livre donc un biopic sans vie, d’une grande beauté artistique, mais cruellement creux. Il ne parvient pas à égaler son dernier biopic en date, son chef d’œuvre «La Liste De Schindler ». De ce «Lincoln» on retiendra avant tout le travail photo de Janusz Kamiński et le travail d’acteur de l’inégalable Daniel Day-Lewis. On souhaite le retour du Spielberg époque «Indiana Jones» ou plus récemment «Munich». Steven, s’il te plaît, fais-nous à nouveau rêver.

L’info en plus : Avec ses 12 nominations pour les Oscars 2013, «Lincoln» est le grand favori. Daniel Day-Lewis est en pôle position pour remporter son 3ème Oscar du meilleur acteur, ce qui serait un exploit historique. Les paris sont ouverts…

Jérémie Dimajo