Le 30 juin à débuté aux Etats-Unis, la 8ème et ultime saison de «Dexter». Dans douze semaines, le plus célèbre des tueurs en série rangera définitivement ses couteaux. 

Le jour, Dexter Morgan travaille pour la police de Miami au côté de sa sœur adoptive Debra. La nuit, c’est un tueur en série qui suit à la lettre un code enseigné par son père policier : tuer seulement ceux qui le méritent, et ne pas se faire prendre !

«Une série de qualité»

Grâce à son casting impeccable, ses personnages complexes et son scénario haletant, «Dexter» a su rendre addict les spectateurs du monde entier. La force de la série réside particulièrement dans la qualité de son écriture, notamment la relation fraternelle qu’entretiennent Dex’ et sa sœur. Une relation que les -brillants- scénaristes n’ont cessé d’enrichir, de mettre en avant et d’approfondir au fil des saisons. Le spectateur assiste surtout à une tragédie familiale où le secret est une épée de Damoclès qui menace à tout moment de s’abattre et d’anéantir leur équilibre. La Voix Off de notre cher anti-héros qui narre ses pensées les plus sombres, ou ses interrogations sur la vie, se révèle être aussi un atout majeur à la réussite du «show». On pénètre littéralement dans la tête de ce «serial killer» pas comme les autres, il n’a plus de secrets et devient intime avec nous. Dexter est définitivement, et pour notre grand plaisir : notre ami ! Mais il ne serait rien sans l’interprétation sans faille de l’immense Michael C.Hall qui, avec talent et finesse, apporte à son personnage, complexité, fragilité et ambiguïté. Il incarne un personnage sombre, mais très attachant. Réussir à rendre humain un tueur en série, son Golden Globe en 2010 est plus que légitime !

dexter-et-debra, série

Debra, quelque peu préoccupée mais par quoi donc ?

 

 «Une série en perte de vitesse»

Et pourtant il était temps que Dexter range ses outils de travail et qu’il abandonne au port le «Slice of Life». Si la série a connu l’excellence avec les saisons 1, 2 et 4, le plantage avec les saisons 3,5 et le (très) moyen avec les saisons 6 et 7 sont à révéler. Elle s’est enlisée dans une certaine médiocrité dont elle semble incapable de se dépêtrer. A trop vouloir étirer un concept aussi fort -et à ne pas vouloir se séparer de la poule aux œufs d’ors-, tout le monde tourne un peu en rond. Les interrogations du «serial killer» sur les chemins à prendre dans sa vie deviennent petit à petit de la philosophie de comptoir, et la série perd peu à peu sa force et son intérêt premier. Certains de nos personnages préférés -l’hilarant Masuka pour n’en citer qu’un- deviennent de plus en plus invisibles, et les «stroy line» n’ont souvent plus grand intérêt -notamment dans la saison 6. L’époque où le « Trinity killer» nous faisait trembler rien que par sa présence est révolu, les méchants et leur peu d’envergure se succèdent saison après saison, et les scènes à suspen prévisibles deviennent une marque de fabrique. La série s’effrite lentement, mais sûrement. Dexter se meurt à petit feux sous les yeux impuissants des spectateurs pourtant toujours aimants. Mais rassurons-nous, il n’a pas encore donné son dernier coup de couteau…

«Une série provoc’»

Ce show au cynisme jouissif et à l’humour noir, assassine la morale avec brio. «Dexter» fait partie de ces œuvres (irrévérencieuses) qui ne laissent pas indifférent, perturbent, cassent les codes, provoquent. Qu’on regarde ou pas, tout le monde a quelque chose à en dire : on la qualifie aussi bien de vulgaire pamphlet en faveur de la peine de mort, que d’un thriller où l’adrénaline est à son comble, certains la voient même comme un miroir de la dégénérescence mentale de la société, du fait d’une telle fascination pour un tueur en série. La série a plusieurs niveaux de lecture, ce qui la rend d’autant plus fascinante. Le gentil tueur en série, médecin légiste s’inscrit incontestablement dans la pop culture. Sans conteste, il s’agit là d’un des plus grands «show»du 21ème siècle dans lequel les anti-héros sont définitivement à la mode (comme Walter White, le dealer prof de chimie de «Breaking Bad» par exemple).

Dexter et l'équipe de la série

Mais où peut bien se cacher le meurtrier ?

 

«Toutes les bonnes choses ont une fin»

Espérons donc que celui qui nous a amusés (par moment), fait frissonner (très souvent), émus (encore plus souvent), quitte l’antenne par la grande porte, comme à son arrivée. Même si la série nous a déçus avec ces trois dernières saisons, c’est avec la gorge nouée qu’on la laissera partir. Elle mérite ainsi un final en apothéose, un final qui ravirait les fans et la placerait dans la catégorie des rares «shows» qui ont réussi leur sortie (ils se comptent sur les doigts d’une main). «Dexter» en est plus que capable, en sept ans elle nous l’a prouvé à maintes reprises ! A douze semaines de la fin, l’excitation est donc à son comble, impatience et nostalgie se combinent. Ce qui est certain, c’est qu’on peut d’ores et déjà affirmer que : le moustique écrasé nous manquera, du même que la préparation matinale de Dexter, les « Fuck » de Debra, les blagues salaces et le rire de Masuka, les chapeaux de Batista, le « Slice of Life », l’un de ses terrains de jeu, Miami même. Et puis Dexter.

Lecteurs, lectrices, si vous souhaitez commenter cet article, veillez à ne pas «spoiler». Si vous faites des révélations susceptibles de gâcher le plaisir d’autres lecteurs/spectateurs, j’enverrais une lettre à Dexter pour qu’il vous dextérise*. Vous êtes prévenu.

*Dextérise du verbe du 1er groupe «dextériser». Assassiner une personne et placer son corps, en morceaux, dans plusieurs sacs poubelles jetés au fond de la baie de Miami. Verbe inspiré du mode opératoire du célèbre Dexter Morgan.

Fan de Dex’, quelle est votre saison préféré ?

Jérémie Dimajo