Sortie le 20 février 2013.

La saga «Die Hard» repose sur un concept simple mais efficace: l’inspecteur John McClane, incarné par l’indestructible Bruce Willis, se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment, contraint de «botter le cul» à des terroristes aux plans diaboliques. C’est une saga qui mélange savamment scènes d’actions fun et explosives, humour, et dialogues sarcastiques. Un nouvel épisode de cette franchise, qui a révolutionné le cinéma d’action, est donc toujours un évènement.

La saga «Die Hard» est synonyme d’excellent (le 1er et le 3ème), de moyen (le 2ème) et de vraiment pas terrible (le 4ème). Mais John Moore, le réalisateur de ce nouvel épisode, vient de créer une nouvelle catégorie : le catastrophique. «Die Hard 5» prouve au moins une chose : John McClane n’est pas immortel, John Moore l’a assassiné en seulement 1h36, et pour ça, il mériterait une belle raclée, ou la prison à vie.

«Comment tuer une saga en 10 leçons» ?

1ère leçon : Enlevez toute l’essence de la saga, c’est à dire la violence gratuite, les répliques cinglantes et l’humour. Un «Die Hard» sans cynisme, c’est comme un porno sans sexe.

2ème leçon : Copier un réalisateur qui a détruit sa propre saga (Spielberg avec «Indiana Jones 4») en mettant dans les pattes du héros son fiston, afin que ça fasse plus familial. Et puis comme ça on a droit à des répliques sentimentales entre père et fils. Originalité quand tu nous tiens.

3ème leçon : N’engagez surtout pas de scénariste. C’est plus intéressant un enchaînement de séquences d’actions plutôt qu’une intrigue aux multiples rebondissements. Ou, engagez un scénariste, mais faites tenir le scénario sur un timbre poste, c’est pratique, les acteurs peuvent le trimbaler partout. Mais c’est aussi un inconvénient, c’est tellement petit qu’on le perd facilement. C’est ce qui est probablement arrivé au réalisateur, et au grand damn du spectateur, il le cherche encore.

4ème leçon : N’engagez pas de dialoguiste. Le bruit des armes à feux fera l’affaire.

5ème leçon : Faites un bond politique plus de 20 ans en arrière en mettant un héros américain (à comprendre capitaliste) face aux méchants russes (à comprendre communistes). Elle n’est pas finie la guerre froide ?

6ème leçon : Engagez un réalisateur qui a l’habitude de saccager une œuvre culte : John Moore, le réalisateur du déplorable «Max Payne», qui pourtant était un excellent jeu vidéo. Avec un matériaux solide, il a le don de quand même réussir à «foirer». C’est ce qu’on appelle du talent !

7ème leçon : Prenez seulement les défauts du plus mauvais film de la saga (c’est à dire le 4), mélangez-les, et faites encore plus indigent (si si, c’est possible). Le génie de John Moore, c’est de faire passer «DIE HARD 4» pour un pur chef d’œuvre. Chapeau !

8ème leçon : Engagez des acteurs peu ou pas du tout investis. Bruce Willis donne l’impression qu’on lui a collé un flingue sur la tempe pour incarner à nouveau John McClane. Même sa réplique culte, «yipikaye» est déclamée  sans conviction. Quant à Jai Courtney, au charisme d’huître, lui par contre, il a sûrement collé un flingue sur la tempe de la directrice de casting pour obtenir le rôle du fils de McClane. Il n’y a pas d’autres raisons valables de sa présence dans ce film. A moins qu’il n’ait couché avec le réalisateur…

9ème leçon : Saupoudrez les scènes d’actions (mal réalisées) d’effets numériques qui donnent un look digital. En plus d’être inutile artistiquement parlant, c’est très moche.

10ème leçon : Donnez aux spectateurs la certitude d’avoir perdu 1h30 de leur vie (qui en fait paraît 3 très (trop) longues heures). Le spectateur se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, et en vient presque à penser qu’il préférerait marcher pieds nus sur du verre façon John McClane dans le 1er épisode, plutôt que de supporter ce film, qui d’ailleurs ne mérite même pas cette dénomination.

Die-hard-5

Lecteurs, lectrices, si vous aussi vous avez détesté ce film, n’hésitez pas à laisser un commentaire. Et n’ayez crainte, Bruce Willis ne viendra certainement pas ici, donc il ne pourra pas vous «botter le cul» (de toute façon il n’a plus la forme), alors lâchez-vous !

Note de l’auteur : J’ai mis autant de temps à écrire cet article qu’il n’en a fallu au scénariste pour écrire ce film… c’est à dire moins d’une heure.

Jérémie Dimajo